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L'observation est une trajectoire, un chemin vers la spiritualité, la contemplation, la rêverie. L'éblouissement des petits riens, brins d'herbe, petits cailloux, leur lumière m'inspire une douce et cruelle révélation.

Un noir enfin, puis un gris, du bleu, un ocre jaune sali, un signe rouge en déséquilibre, un petit vert émeraude suffisent à la révélation de mon évanouissement.

La tempête en moi égarée, plus légère qu'un bouchon, j'ai rêvé de verts, de rouges mystérieux, dix jours, dix nuits selon la lenteur des caresses, un désir insondable me broie.

Un bleu foncé ondule d'angoisse en une pivoine rouge rêvée tombe ivre de son parfum.

La peinture meurt sans cesse et renaît. Elle descend dans son ombre, elle résiste, elle remet l'espace mystérieux au delà de ma capacité, je creuse et tresse des signes qui bousculent ma vision.

C'est une peinture mouvante. Je suis aveugle, je distingue tout en moi, des figures apparaissent, disparaissent, la peinture s'essouffle. Je suis dans le noir, je plonge dans l'irrationalité, mon univers réel.

La vie de la création est comme un secret dans l'étrangeté de l'espace. Je multiplie les ratures, les désordres apparents. La vraie pensée naît avec la matière peinte. C'est un drame dans l'espace qu'il faut inventer. Ce travail me donne des joies, de la tristesse, une alternance comme le jour et la nuit.


André Nouyrit